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dimanche 21 octobre 2007

Autour de Baudelaire

Cette photographie de Carjat est le dernier cliché de Baudelaire, prise peu avant sa mort en 1866



  • Cours fait en classe
  • Livre de Français p. 89


RAPPELS: La poésie de Baudelaire se caractérise par un mélange entre des formes classiques et exigeantes (avec un goût prononcé pour le travail et la rigueur), et un regard nouveau sur le monde qui l'entoure, choisissant d'aller chercher la beauté dans les bas-fonds de la nature humaine. Il cherche à capturer l'essence du monde moderne, marqué par les bouleversements de son siècle, l'accélération des changements, des modes. Il cherche ainsi, selon ses propres mots, à "tirer l'éternel du transitoire".



Le poète se présente alors comme tiraillé entre deux aspirations: l'une, véhiculée par le spleen, représente toutes les tentations mauvaises de l'homme, qui l'entraînent vers l'Enfer, le gouffre et le désespoir; l'autre, traduite par l'Idéal, qui cherche à le tirer vers le Beau, le ciel, le Bien. Souvent ces deux aspirations se retouvent à travers ses visions de la femme, être capable de sauver l'homme comme de le perdre.

Petit tour d'horizon des artistes ayant inspiré ou ayant été inspirés par Baudelaire.

Eau-forte d'Odilon Redon, frontispice d'une série sur les Fleurs du Mal (cliquez dessus pour voir le reste de la série)




  • Charles Méryon est un dessinateur contemporain de Baudelaire. Ce sont notamment ses dessins de Paris qui ont inspiré au poète ses "Tableaux parisiens", ainsi que le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose). Allez voir ici ou pour en voir quelques images et ainsi avoir un aperçu du visage de la capitale à l'époque de Baudelaire.

Plusieurs musiciens ont, a diverses époques, mis en musique des poèmes tirés des Fleurs du Mal:

  • En 1890, le compositeur Claude Debussy a traduit 5 poèmes en musique, dont "Harmonie du Soir"
  • En 1957, Léo Ferré consacre un album entier aux poèmes du grand Charles (Ecoutons "A une passante", "Spleen", "L'Invitation au voyage" ou encore "Une Charogne")
  • Gainsbourg à son tour chantera "Le Serpent qui danse"
  • Le groupe gothique neo-folk Dead Can Dance a intitulé un de ses Albums Spleen and Ideal
  • Mylène Farmer interprétera "L'Horloge" sur l'Album Ainsi sois-je.
  • Plus récemment, Damien Saez a chanté des extraits de "Femmes damnées" l'une des pièces condamnées de Baudelaire et publiées dans Les Epaves.

Voici un lien vers une animation réalisée sur "L'Horloge", autre façon de donner vie à un poème.

EDIT: Voici un court-métrage d'animation illustrant "Une Charogne"



vendredi 19 octobre 2007

Objet d'étude n°1: La poésie - Quelques rappels

Titre qui apparaîtra sur le descriptif des textes à présenter à l'oral:
Constance et évolutions d'une forme fixe: le sonnet
Ce chapitre assez dense qui ouvre notre année est pour nous l'occasion de balayer de grandes périodes de l'histoire littéraire, tout en examinant de près une forme particulière de poésie qui a traversé les âges et séduit de nombreux poètes aux univers très différents.
Je ne vous remets pas la définition du sonnet (que vous pouvez trouver en détail ici, ou , entre autres), mais tiens à repréciser encore une fois l'intérêt et les enjeux de cette forme contraignante, qui expliquent sa survivance dans la poésie depuis 7 à 8 siècles:
  • La brièveté en fait un moyen privilégié pour exprimer des sentiments intimes (billet doux), en jouant sur la concision, l'allusion, la suggestion...
  • La contrainte formelle permet au poète d'exercer sa virtuosité dans chaque vers, alliant images, figures de style et jeux sonores. Ch. Baudelaire dit justement à propos du sonnet: "Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense".
  • Enfin parce que le sonnet, par sa richesse concentrée en seulement quatorze vers, est une forme qui se prête au déchiffrement et à l'analyse.

Le groupement de textes étudiés dans ce chapitre est le suivant:

  1. Un sonnet humaniste: "Je vis, je meurs..." (1555), de Louise Labé
  2. Un sonnet baroque: "Et la mer et l'amour..." (1629), de Pierre de Marbeuf
  3. Un sonnet baudelairien: "A une passante" (1857), de Charles Baudelaire
  4. Un sonnet symboliste: "Ses purs ongles..." (1898), de Stéphane Mallarmé
  5. Un sonnet éclaté: "Colchiques" (1913), de Guillaume Apollinaire

En plus de l'analyse indépendante de chaque poème, il s'agit de montrer comment le sonnet sert différentes esthétiques, différents modes d'expression selon les époques et les auteurs qui l'utilisent.