lundi 22 octobre 2007

Mystérieux symbolistes...


Eric Rohmer - Stéphane Mallarmé
envoyé par leoscheer_tv




Cette interview imaginaire de Mallarmé (ici joué par un acteur) a été réalisée par le cinéaste Eric Rohmer dans le cadre d'une série de films pour la télévision scolaire. Les propos de Mallarmé ont été pris dans divers articles et correspondances de sa main. Il y donne sa définition de la poésie, la vision de celle-ci à son époque, à la fin d'un siècle qui a vu défiler des grands maîtres comme Hugo, Lamartine, Musset, puis Baudelaire, Verlaine et Rimbaud.



Le symbolisme cherche à traduire une idée abstraite en langage poétique, le sens, l'objet du poème tend à disparaître au profit des sonorités, des évocations sensibles et d'impressions fugitives. Les symbolistes cherchent à tout prix à fuir la rationalité, la vision scientifique du monde, au profit du mystère, de l'obscurité et par-dessus tout prône l'imagination contre l'explication.




Le mouvement symboliste ne s'arrête pas à la poésie et de nombreux peintres travailleront eux aussi à "revêtir l'Idée d'une forme sensible" (l'expression est tirée du Manifeste du Symbolisme, de Moréas)




Gustave Moreau fait partie de ceux-ci. De formation classique, sa peinture est semée de références à l'Antiquité, mais à la différence des Humanistes et des Classiques, il privilégie la part sombre, brutale des mythes, multipliant les symboles ésotériques.




A lire, une analyse d'un de ses tableaux les plus riches, Jupiter et Sémélé.






Si l'on veut avoir une vision plus imagée de la démarche symbolique, on peut comparer ces deux tableaux de Gustav Klimt:



Amour, 1895

Le Baiser, 1908

Le premier tableau est une oeuvre de jeunesse, avant que Klimt ne trouve le style qui l'a rendu célèbre. On sent l'influence du romantisme mais le style reste classique. Le deuxième tableau, le célèbre "Baiser" reprend le même thème (l'amour, la romance, le couple) mais cherche moins à reproduire une image de l'amour qu'à faire ressentir au spectateur la passion de l'étreinte: les corps sont stylisés, contorsionnés pour mieux rendre la puissance du sentiment. Ils disparaissent presque, leurs vêtements se confondant avec un décor réduit à un seul élément, laissant en évidence les parties qui s'étreignent: visage de la femme exprimant l'abandon, tenu entre les mains de l'homme, jambes et pieds de la femme comme au bord du vide... Ailleurs les deux corps ne se distinguent que grâce à des motifs géométriques symbolisant les deux sexes. Leur position agenouillée, les dorures qui rappellent l'art de l'icône contribuent à rapprocher la passion amoureuse de l'extase spirituelle et religieuse.

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